Sénégal: Bassirou Diomaye Faye, une trajectoire fulgurante jusqu’au sommet de l’Etat

De son village reculé jusqu’au sommet de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye a connu une ascension éclair pour devenir le plus jeune président du Sénégal, élu sur la promesse d’un changement radical et sous l’impulsion d’un mentor charismatique.

Celui que tout le monde appelle « Diomaye » (« l’honorable » en sérère), suppléant du dirigeant Ousmane Sonko frappé d’inéligibilité, a prêté serment mardi près de Dakar, devenant le cinquième président de ce pays.

M. Faye, 44 ans, s’est présenté lors de son premier discours officiel comme l’homme du « changement systémique », mais aussi le garant d’une « démocratie renforcée » et d’une « justice indépendante » dans un pays « apaisé » et « d’espérance ».

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Il a défendu un Sénégal « juste et prospère » dans une « Afrique en progrès », d’un ton assuré et formel devant un parterre de chefs d’Etat africains, mais aussi de ses deux épouses, une première dans le pays.

Le vœu de la rupture, l’onction de M. Sonko et l’apparente simplicité de cette personnalité issue d’un milieu modeste lui ont permis de remporter une victoire écrasante dès le premier tour de la présidentielle avec 54,28% des voix.

Il a fait de la « réconciliation nationale », de la baisse du coût de la vie et de la lutte contre la corruption ses chantiers prioritaires.

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Se disant panafricaniste « de gauche », M. Faye, qui n’a jamais exercé de mandat d’élu auparavant, a promis de rétablir une « souveraineté » bradée selon lui à l’étranger et a exprimé son souhait de remettre sur la table les contrats pétroliers et gaziers ainsi que les accords de pêche.

Il envisage de quitter le franc CFA et d’investir dans les secteurs agricole et industriel pour tenter de faire baisser le chômage, qui s’élève officiellement à environ 20%. Il veut également rééquilibrer les partenariats internationaux dans un sens « gagnant-gagnant » et travailler au retour du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Plan B de Sonko

Haut fonctionnaire de l’administration des Impôts et domaines où il a fait la connaissance d’Ousmane Sonko, il a franchi discrètement les étapes dans l’ombre de ce dernier.

Sénégal: Bassirou Diomaye Faye, une trajectoire fulgurante jusqu’au sommet de l’Etat

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Le nouveau président sénégalais lors de son premier discours officiel après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar, le 2 avril 2024

Le nouveau président sénégalais lors de son premier discours officiel après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar, le 2 avril 2024

AFP
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De son village reculé jusqu’au sommet de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye a connu une ascension éclair pour devenir le plus jeune président du Sénégal, élu sur la promesse d’un changement radical et sous l’impulsion d’un mentor charismatique.

Celui que tout le monde appelle « Diomaye » (« l’honorable » en sérère), suppléant du dirigeant Ousmane Sonko frappé d’inéligibilité, a prêté serment mardi près de Dakar, devenant le cinquième président de ce pays.

M. Faye, 44 ans, s’est présenté lors de son premier discours officiel comme l’homme du « changement systémique », mais aussi le garant d’une « démocratie renforcée » et d’une « justice indépendante » dans un pays « apaisé » et « d’espérance ».

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Il a défendu un Sénégal « juste et prospère » dans une « Afrique en progrès », d’un ton assuré et formel devant un parterre de chefs d’Etat africains, mais aussi de ses deux épouses, une première dans le pays.

Le vœu de la rupture, l’onction de M. Sonko et l’apparente simplicité de cette personnalité issue d’un milieu modeste lui ont permis de remporter une victoire écrasante dès le premier tour de la présidentielle avec 54,28% des voix.

Il a fait de la « réconciliation nationale », de la baisse du coût de la vie et de la lutte contre la corruption ses chantiers prioritaires.

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Se disant panafricaniste « de gauche », M. Faye, qui n’a jamais exercé de mandat d’élu auparavant, a promis de rétablir une « souveraineté » bradée selon lui à l’étranger et a exprimé son souhait de remettre sur la table les contrats pétroliers et gaziers ainsi que les accords de pêche.

Il envisage de quitter le franc CFA et d’investir dans les secteurs agricole et industriel pour tenter de faire baisser le chômage, qui s’élève officiellement à environ 20%. Il veut également rééquilibrer les partenariats internationaux dans un sens « gagnant-gagnant » et travailler au retour du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Plan B de Sonko

Haut fonctionnaire de l’administration des Impôts et domaines où il a fait la connaissance d’Ousmane Sonko, il a franchi discrètement les étapes dans l’ombre de ce dernier.

Des sympathisants rassemblés devant le QG du candidat antisystème sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le 24 mars 2024 à Dakar

Des sympathisants rassemblés devant le QG du candidat antisystème sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le 24 mars 2024 à Dakar

AFP/Archives

Son avènement consacre la réussite du plan B de M. Sonko qui, arrivé troisième de la présidentielle en 2019 et disqualifié en 2024, l’a désigné comme son remplaçant.

Pendant trois ans, avec le parti Pastef créé en 2014 par de jeunes cadres du public et du privé et dissous depuis, ils ont croisé le fer avec le pouvoir, le président Sonko se démultipliant aux avant-postes, le secrétaire général Faye actif à l’organisation et la doctrine.

Ils sont sortis ensemble de plusieurs mois d’emprisonnement mi-mars, en pleine campagne, à la faveur d’une amnistie. Ils ont parcouru le pays ensemble, puis se sont partagé la tâche, drainant des foules en liesse derrière le slogan « Sonko mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko » (« Sonko c’est Diomaye, Diomaye c’est Sonko »). Pendant ce temps, son principal adversaire, Amadou Ba, candidat du pouvoir en place, faisait campagne en critiquant son inexpérience.

Souvent vêtu d’un boubou blanc traditionnel, de taille moyenne, portant une barbichette sous son visage juvénile, ce musulman pratiquant, père de quatre enfants, personnifie une nouvelle génération de politiciens.

Arts martiaux, reggae et le Real

Bassirou Diomaye Faye est né dans une famille d’agriculteurs humble et éduquée dans le village de Ndiaganiao, à 150 km à l’est de Dakar, au bout d’une route cahoteuse et sablonneuse. Là-bas, il n’y a ni centre de santé, ni route goudronnée. « Diomaye était un petit berger qui surveillait ses chèvres », se souvient Mor Sarr, l’un de ses meilleurs amis.

« Diomaye a toujours été très proche de sa maman, Khady Diouf, qu’il aidait pour les tâches ménagères » après l’école, témoigne M. Sarr.

Sénégal: Bassirou Diomaye Faye, une trajectoire fulgurante jusqu’au sommet de l’Etat

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Le nouveau président sénégalais lors de son premier discours officiel après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar, le 2 avril 2024

Le nouveau président sénégalais lors de son premier discours officiel après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar, le 2 avril 2024

AFP
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De son village reculé jusqu’au sommet de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye a connu une ascension éclair pour devenir le plus jeune président du Sénégal, élu sur la promesse d’un changement radical et sous l’impulsion d’un mentor charismatique.

Celui que tout le monde appelle « Diomaye » (« l’honorable » en sérère), suppléant du dirigeant Ousmane Sonko frappé d’inéligibilité, a prêté serment mardi près de Dakar, devenant le cinquième président de ce pays.

M. Faye, 44 ans, s’est présenté lors de son premier discours officiel comme l’homme du « changement systémique », mais aussi le garant d’une « démocratie renforcée » et d’une « justice indépendante » dans un pays « apaisé » et « d’espérance ».

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Il a défendu un Sénégal « juste et prospère » dans une « Afrique en progrès », d’un ton assuré et formel devant un parterre de chefs d’Etat africains, mais aussi de ses deux épouses, une première dans le pays.

Le vœu de la rupture, l’onction de M. Sonko et l’apparente simplicité de cette personnalité issue d’un milieu modeste lui ont permis de remporter une victoire écrasante dès le premier tour de la présidentielle avec 54,28% des voix.

Il a fait de la « réconciliation nationale », de la baisse du coût de la vie et de la lutte contre la corruption ses chantiers prioritaires.

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

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Se disant panafricaniste « de gauche », M. Faye, qui n’a jamais exercé de mandat d’élu auparavant, a promis de rétablir une « souveraineté » bradée selon lui à l’étranger et a exprimé son souhait de remettre sur la table les contrats pétroliers et gaziers ainsi que les accords de pêche.

Il envisage de quitter le franc CFA et d’investir dans les secteurs agricole et industriel pour tenter de faire baisser le chômage, qui s’élève officiellement à environ 20%. Il veut également rééquilibrer les partenariats internationaux dans un sens « gagnant-gagnant » et travailler au retour du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Plan B de Sonko

Haut fonctionnaire de l’administration des Impôts et domaines où il a fait la connaissance d’Ousmane Sonko, il a franchi discrètement les étapes dans l’ombre de ce dernier.

Des sympathisants rassemblés devant le QG du candidat antisystème sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le 24 mars 2024 à Dakar

Des sympathisants rassemblés devant le QG du candidat antisystème sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le 24 mars 2024 à Dakar

AFP/Archives

Son avènement consacre la réussite du plan B de M. Sonko qui, arrivé troisième de la présidentielle en 2019 et disqualifié en 2024, l’a désigné comme son remplaçant.

Pendant trois ans, avec le parti Pastef créé en 2014 par de jeunes cadres du public et du privé et dissous depuis, ils ont croisé le fer avec le pouvoir, le président Sonko se démultipliant aux avant-postes, le secrétaire général Faye actif à l’organisation et la doctrine.

Ils sont sortis ensemble de plusieurs mois d’emprisonnement mi-mars, en pleine campagne, à la faveur d’une amnistie. Ils ont parcouru le pays ensemble, puis se sont partagé la tâche, drainant des foules en liesse derrière le slogan « Sonko mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko » (« Sonko c’est Diomaye, Diomaye c’est Sonko »). Pendant ce temps, son principal adversaire, Amadou Ba, candidat du pouvoir en place, faisait campagne en critiquant son inexpérience.

Souvent vêtu d’un boubou blanc traditionnel, de taille moyenne, portant une barbichette sous son visage juvénile, ce musulman pratiquant, père de quatre enfants, personnifie une nouvelle génération de politiciens.

Arts martiaux, reggae et le Real

Bassirou Diomaye Faye est né dans une famille d’agriculteurs humble et éduquée dans le village de Ndiaganiao, à 150 km à l’est de Dakar, au bout d’une route cahoteuse et sablonneuse. Là-bas, il n’y a ni centre de santé, ni route goudronnée. « Diomaye était un petit berger qui surveillait ses chèvres », se souvient Mor Sarr, l’un de ses meilleurs amis.

« Diomaye a toujours été très proche de sa maman, Khady Diouf, qu’il aidait pour les tâches ménagères » après l’école, témoigne M. Sarr.

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Le nouveau président sénégalais lors de son premier discours officiel après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar, le 2 avril 2024

Le nouveau président sénégalais lors de son premier discours officiel après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar, le 2 avril 2024

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De son village reculé jusqu’au sommet de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye a connu une ascension éclair pour devenir le plus jeune président du Sénégal, élu sur la promesse d’un changement radical et sous l’impulsion d’un mentor charismatique.

Celui que tout le monde appelle « Diomaye » (« l’honorable » en sérère), suppléant du dirigeant Ousmane Sonko frappé d’inéligibilité, a prêté serment mardi près de Dakar, devenant le cinquième président de ce pays.

M. Faye, 44 ans, s’est présenté lors de son premier discours officiel comme l’homme du « changement systémique », mais aussi le garant d’une « démocratie renforcée » et d’une « justice indépendante » dans un pays « apaisé » et « d’espérance ».

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Il a défendu un Sénégal « juste et prospère » dans une « Afrique en progrès », d’un ton assuré et formel devant un parterre de chefs d’Etat africains, mais aussi de ses deux épouses, une première dans le pays.

Le vœu de la rupture, l’onction de M. Sonko et l’apparente simplicité de cette personnalité issue d’un milieu modeste lui ont permis de remporter une victoire écrasante dès le premier tour de la présidentielle avec 54,28% des voix.

Il a fait de la « réconciliation nationale », de la baisse du coût de la vie et de la lutte contre la corruption ses chantiers prioritaires.

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Se disant panafricaniste « de gauche », M. Faye, qui n’a jamais exercé de mandat d’élu auparavant, a promis de rétablir une « souveraineté » bradée selon lui à l’étranger et a exprimé son souhait de remettre sur la table les contrats pétroliers et gaziers ainsi que les accords de pêche.

Il envisage de quitter le franc CFA et d’investir dans les secteurs agricole et industriel pour tenter de faire baisser le chômage, qui s’élève officiellement à environ 20%. Il veut également rééquilibrer les partenariats internationaux dans un sens « gagnant-gagnant » et travailler au retour du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Plan B de Sonko

Haut fonctionnaire de l’administration des Impôts et domaines où il a fait la connaissance d’Ousmane Sonko, il a franchi discrètement les étapes dans l’ombre de ce dernier.

Des sympathisants rassemblés devant le QG du candidat antisystème sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le 24 mars 2024 à Dakar

Des sympathisants rassemblés devant le QG du candidat antisystème sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le 24 mars 2024 à Dakar

AFP/Archives

Son avènement consacre la réussite du plan B de M. Sonko qui, arrivé troisième de la présidentielle en 2019 et disqualifié en 2024, l’a désigné comme son remplaçant.

Pendant trois ans, avec le parti Pastef créé en 2014 par de jeunes cadres du public et du privé et dissous depuis, ils ont croisé le fer avec le pouvoir, le président Sonko se démultipliant aux avant-postes, le secrétaire général Faye actif à l’organisation et la doctrine.

Ils sont sortis ensemble de plusieurs mois d’emprisonnement mi-mars, en pleine campagne, à la faveur d’une amnistie. Ils ont parcouru le pays ensemble, puis se sont partagé la tâche, drainant des foules en liesse derrière le slogan « Sonko mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko » (« Sonko c’est Diomaye, Diomaye c’est Sonko »). Pendant ce temps, son principal adversaire, Amadou Ba, candidat du pouvoir en place, faisait campagne en critiquant son inexpérience.

Souvent vêtu d’un boubou blanc traditionnel, de taille moyenne, portant une barbichette sous son visage juvénile, ce musulman pratiquant, père de quatre enfants, personnifie une nouvelle génération de politiciens.

Arts martiaux, reggae et le Real

Bassirou Diomaye Faye est né dans une famille d’agriculteurs humble et éduquée dans le village de Ndiaganiao, à 150 km à l’est de Dakar, au bout d’une route cahoteuse et sablonneuse. Là-bas, il n’y a ni centre de santé, ni route goudronnée. « Diomaye était un petit berger qui surveillait ses chèvres », se souvient Mor Sarr, l’un de ses meilleurs amis.

« Diomaye a toujours été très proche de sa maman, Khady Diouf, qu’il aidait pour les tâches ménagères » après l’école, témoigne M. Sarr.

Sénégal: Bassirou Diomaye Faye, une trajectoire fulgurante jusqu’au sommet de l’Etat

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Le nouveau président sénégalais lors de son premier discours officiel après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar, le 2 avril 2024

Le nouveau président sénégalais lors de son premier discours officiel après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar, le 2 avril 2024

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De son village reculé jusqu’au sommet de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye a connu une ascension éclair pour devenir le plus jeune président du Sénégal, élu sur la promesse d’un changement radical et sous l’impulsion d’un mentor charismatique.

Celui que tout le monde appelle « Diomaye » (« l’honorable » en sérère), suppléant du dirigeant Ousmane Sonko frappé d’inéligibilité, a prêté serment mardi près de Dakar, devenant le cinquième président de ce pays.

M. Faye, 44 ans, s’est présenté lors de son premier discours officiel comme l’homme du « changement systémique », mais aussi le garant d’une « démocratie renforcée » et d’une « justice indépendante » dans un pays « apaisé » et « d’espérance ».

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

Le nouveau président sénégalais Bassirou et ses deux épouses Marie Khone Faye (g) et Absa Faye (d), après sa prestation de serment, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Il a défendu un Sénégal « juste et prospère » dans une « Afrique en progrès », d’un ton assuré et formel devant un parterre de chefs d’Etat africains, mais aussi de ses deux épouses, une première dans le pays.

Le vœu de la rupture, l’onction de M. Sonko et l’apparente simplicité de cette personnalité issue d’un milieu modeste lui ont permis de remporter une victoire écrasante dès le premier tour de la présidentielle avec 54,28% des voix.

Il a fait de la « réconciliation nationale », de la baisse du coût de la vie et de la lutte contre la corruption ses chantiers prioritaires.

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

Prestation de serment du nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Diamniadio, près de Dakar le 2 avril 2024

AFP

Se disant panafricaniste « de gauche », M. Faye, qui n’a jamais exercé de mandat d’élu auparavant, a promis de rétablir une « souveraineté » bradée selon lui à l’étranger et a exprimé son souhait de remettre sur la table les contrats pétroliers et gaziers ainsi que les accords de pêche.

Il envisage de quitter le franc CFA et d’investir dans les secteurs agricole et industriel pour tenter de faire baisser le chômage, qui s’élève officiellement à environ 20%. Il veut également rééquilibrer les partenariats internationaux dans un sens « gagnant-gagnant » et travailler au retour du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Plan B de Sonko

Haut fonctionnaire de l’administration des Impôts et domaines où il a fait la connaissance d’Ousmane Sonko, il a franchi discrètement les étapes dans l’ombre de ce dernier.

Des sympathisants rassemblés devant le QG du candidat antisystème sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le 24 mars 2024 à Dakar

Des sympathisants rassemblés devant le QG du candidat antisystème sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le 24 mars 2024 à Dakar

AFP/Archives

Son avènement consacre la réussite du plan B de M. Sonko qui, arrivé troisième de la présidentielle en 2019 et disqualifié en 2024, l’a désigné comme son remplaçant.

Pendant trois ans, avec le parti Pastef créé en 2014 par de jeunes cadres du public et du privé et dissous depuis, ils ont croisé le fer avec le pouvoir, le président Sonko se démultipliant aux avant-postes, le secrétaire général Faye actif à l’organisation et la doctrine.

Ils sont sortis ensemble de plusieurs mois d’emprisonnement mi-mars, en pleine campagne, à la faveur d’une amnistie. Ils ont parcouru le pays ensemble, puis se sont partagé la tâche, drainant des foules en liesse derrière le slogan « Sonko mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko » (« Sonko c’est Diomaye, Diomaye c’est Sonko »). Pendant ce temps, son principal adversaire, Amadou Ba, candidat du pouvoir en place, faisait campagne en critiquant son inexpérience.

Souvent vêtu d’un boubou blanc traditionnel, de taille moyenne, portant une barbichette sous son visage juvénile, ce musulman pratiquant, père de quatre enfants, personnifie une nouvelle génération de politiciens.

Arts martiaux, reggae et le Real

Bassirou Diomaye Faye est né dans une famille d’agriculteurs humble et éduquée dans le village de Ndiaganiao, à 150 km à l’est de Dakar, au bout d’une route cahoteuse et sablonneuse. Là-bas, il n’y a ni centre de santé, ni route goudronnée. « Diomaye était un petit berger qui surveillait ses chèvres », se souvient Mor Sarr, l’un de ses meilleurs amis.

« Diomaye a toujours été très proche de sa maman, Khady Diouf, qu’il aidait pour les tâches ménagères » après l’école, témoigne M. Sarr. Www.leguirek.net

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